

Chaque début d’année apporte son lot de promesses personnelles.
Mieux manger, bouger davantage, réduire le stress, arrêter de fumer, boire moins d’alcool…
Autant de décisions qui, autrefois, relevaient de l’intime.
Aujourd’hui, ces résolutions prennent une autre forme : elles deviennent nationales, institutionnalisées, encouragées, médiatisées, parfois même valorisées socialement.
Janvier sans alcool, Mois sans tabac, challenges bien-être, défis santé…
La question n’est pas de savoir si ces initiatives sont utiles.
La vraie question est plutôt : jusqu’à quand va-t-on nous laisser choisir ?
Les campagnes comme Janvier sans alcool ou Mois sans tabac reposent sur des constats réels :
l’alcool et le tabac ont des effets nocifs sur la santé, et la prévention est nécessaire.
Sur le papier, l’intention est louable :
Informer
Prévenir
Accompagner
Réduire les risques
Mais peu à peu, ces démarches glissent d’un soutien vers une attente implicite.
Celui qui participe est perçu comme responsable.
Celui qui ne le fait pas commence à se justifier.
Le choix personnel devient alors une norme collective.
Le problème n’est pas l’existence de ces campagnes.
Le problème, c’est l’uniformisation des comportements qu’elles encouragent.
Tout le monde n’a pas la même relation à l’alcool ou au tabac.
Tout le monde n’a pas les mêmes ressources psychiques, émotionnelles ou sociales.
Et surtout, tout le monde n’est pas au même endroit dans son cheminement personnel.
Arrêter de fumer ou de boire n’est pas une simple question de volonté ou de calendrier.
C’est parfois lié à :
des traumatismes
des mécanismes de compensation
des enjeux identitaires
des contextes de vie complexes
Transformer ces choix en “défis nationaux” peut créer :
de la culpabilité
de la pression sociale
un sentiment d’échec chez ceux qui n’y arrivent pas
une déconnexion de ses vrais besoins
Nous vivons dans une société qui :
mesure nos pas
compte nos calories
suit notre sommeil
analyse nos performances
encadre nos comportements
Même nos résolutions ne nous appartiennent plus tout à fait.
Ce qui devait être un accompagnement devient parfois un pilotage de nos vies.
Sous couvert de bien-être et de santé publique, la société nous dit :
quand changer, comment changer, et ce qui est acceptable ou non.
La vraie question n’est pas “est-ce bon d’arrêter de fumer ou de boire ?”
La réponse est évidemment oui, pour beaucoup de personnes.
La vraie question est :
👉 qui décide du moment, de la forme et du sens de ce changement ?
Une démarche choisie librement est souvent plus durable qu’une démarche dictée par un calendrier collectif.
Le risque, à terme, est une société qui :
protège mais infantilise
accompagne mais contrôle
informe mais culpabilise
Soutenir la santé publique ne devrait jamais se faire au détriment de la liberté intérieure.
Accompagner, c’est :
proposer sans imposer
informer sans juger
laisser la place au rythme de chacun
respecter les choix, même imparfaits
Les vraies transformations viennent rarement d’une injonction collective.
Elles naissent souvent d’un déclic personnel, d’une prise de conscience intime, d’un besoin profond de réalignement.
💬 Et vous, comment vivez-vous ces résolutions nationales ?
Soutien utile ou pression déguisée ?
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